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Konrad Peutinger n'est pas l'auteur de la carte qui porte aujourd'hui son nom. Ce géographe et humaniste allemand possédait dans ses collections une table des itinéraires de l'Empire romain, appelée depuis Table de Peutinger, qui lui avait été offerte en 1507 par Celtis Portucius, à charge pour lui de la faire éditer.
La table de Peutinger n'est précisément pas une carte routière,
mais une table d'itinéraires indiquant les routes d'un point à un autre, les étapes sur ces routes,
et les distances en milles.
La géométrie de la carte ne répond pas aux critères actuels; les orientations sont fausses,
les routes sont représentées par des lignes brisées quasiment horizontales;
les côtes et les fleuves apparaissent sous forme d'ondulations parallèles sans souci d'exactitude.
Les principales étapes (temples, villes thermales, arènes, théâtres, etc.) sont représentées par des vignettes;
les simples étapes par leur simple nom au-dessus du dessin de la route.
C'est une copie réalisée vers 1265 par des moines de Colmar
d'une carte romaine datant du IV° siècle,
elle-même probablement la copie remise à jour d'une grande carte du monde
peinte sur le portique d'Agrippa à Rome vers 12 de notre ère.
Celtis avait découvert par hasard à Worms, en Allemagne, ce rouleau de sept mètres de long,
représentant les voies connues depuis l'Angleterre jusqu'au Gange.
Peutinger ne put faire publier la table,
dont une partie fut finalement éditée en Italie, à Venise, chez les célèbres Alde,
bien après la mort de Peutinger.
Après être passé par la maison de Savoie,
le manuscrit fut finalement acheté par la bibliothèque de Vienne, en Autriche,
qui le possède toujours.
En l'absence des moyens de reproduction modernes, chaque édition de la table et de la carte donna lieu
à une copie par un graveur, seul moyen permettant jusqu'à l'invention de la photographie
de reproduire images et textes.
Il y eut plusieurs éditions successives, en Italie tout d'abord, puis en Allemagne et en France.
Chacune de ces éditions comporte des erreurs de recopie des noms propres
dues à la difficulté de lire des noms anciens, alors déjà plus en usage et ignorés des copistes,
difficiles à lire dans l'onciale des moines du XIII° siècle.